mardi 2 août 2011

Deuxième jour de traitement: le repas de midi

En légère hausse par rapport à hier soir, mais il faut dire qu'on partait de très bas.
Les pois chiches et la viande étaient très corrects, les aubergines auraient mérité la compagnie de quelques copines pour se transformer en vraie ratatouille goûteuse. La nectarine n'était pas mure = immangeable.

Le détail du menu:

  • Salade de pois chiches
  • Aubergines à la provençale
  • Sauté de porc marengo
  • Carré frais
  • Nectarine
  • Compote pomme pruneau
La photo: ça reste peu appétissant dans l'ensemble.


Le tour du palachot

Comme promis, un petit diaporama pour vous présenter mon palace/cachot = mon palachot !

Mais avant ça, je voudrais plagier Marcel Duchamp et vous présenter en apéritif le clou de l'exposition
CE CHIOTTE ATOMIQUE à 2 compartiments et boyeur/mixeur directement issu de la technologie aéronautique


Allez, que la visite commence!

Deuxième jour de traitement: le petit déj continental--

Première nuit pas mal négociée, extinction des feux vers minuits après une comédie américaine pas aussi mauvaise que son titre "La Copine de mon meilleur ami" sur Canal.
Le lit n'est pas super confortable, un peu dur à mon goût et puis il y a cette p'tain de veilleuse au ras du sol qu'il n'est pas possible d'éteindre (j'ai tout essayé).
Mais, j'ai pas mal dormi, sans douleurs et me suis réveillé sur le coup des 8h.
A 8h30, toc, toc: c'est JC qui débarque avec une espèce de manche à balai pour mesurer ma radioactivité:
"30, m'annonce t'il fièrement!
- C'est normal?
- Oui RAS, pas de douleurs?
- Non, tout va bien.
- Alors je repasse cet après-midi"
30? Il aurait tout aussi bien pu m'annoncer 2,9 ou 270 000 vu que je n'ai pas de référence à quoi comparer. On verra la mesure de demain pour mieux évaluer la tendance.

Dans la foulée, l'infirmière m'apporte mon petit déjeuner. Après le plateau des horreurs d'hier soir je suis tout heureux de retomber dans le "simple et de bon goût" même si ce séjour ne sera décidément pas un séjour gastronomique.
L'ingrédient important se trouve en bas à droite du plateau: je ré-attaque le Cynomel!
Pour les non-initiés, ça veut dire qu'après plus d'un mois de défreination  partielle (sans Levothyrox mais avec Cynomel) et quinze jours sans rien j'ai enfin le droit de reprendre des hormones thyroïdienne de substitution et  que l'hypothyroïdie et son cortège d'effets secondaires vont progressivement disparaître. En gros: je vais reprendre du POIL DE LA BETE.
YOUPI!



lundi 1 août 2011

Premier jour du traitement: le repas du soir tout en images...

En un mot: BEURK!


Premier jour du traitement: flashback, les examens de ce matin

En fait j'ai attaqué par le plat de résistance, c'est à dire l'absorption de la dose de potion magique d'iode 131 mais tout avait commencé ce matin, alors on rembobine de quelques heures...


Ma p'tite femme Lola m'avait conduit à l'hôpital à 9h30 avec mon baluchon pour la durée du séjour:
  • quelques vieilles fringues que j'ai décidé de "finir" ici et qui seront détruites à la fin de la cure,
  • 5 ou 6 bouquins
  • et l'ordinateur portable qui me sert à l'instant même pour vous narrer tout ça.
Bon ça c'est la version officielle que je soutiendrai mordicus devant un jury, la version officieuse c'est que c'est moi qui ai conduit car elle déteste ça et que j'ai jugé que mon état larvesque dû à la défreination me le permettait sans trop de risques.
Donc, on file direct à la salle d'attente B du service de médecine nucléaire sans passer par la case admissions et quelques minutes plus tard je suis pris en charge par une jeune technicienne dont le rôle est de me faire passer les examens radiologiques d'entrée qui consistent en:
  • une scintigraphie balayage corps entier
  • deux scitingraphies centrées sur la thyroïde de face et de profil
Elle me fait m'installer tout habillé entre les 2 plaques d'un espèce de gaufrier géant immaculé et les 2 plaques se mettent à se déplacer à une allure d'escargot à quelques centimètres de mon corps
Pas vraiment de sentiment de claustrophobie comme on peut le ressentir dans un scanner complètement fermé, juste un brin d'inconfort accentué par le fait qu'il faut là encore rester le plus immobile possible pendant plusieurs minutes.

Les images issues de la scintigraphie me sont montrées par JC, le médecin nucléaire, un peu plus tard dans ma chambre. La mini dose traceuse d'iode qu'il m'avait donnée vendredi matin s'est fixée dans ce qu'il reste de cellules thyroïdiennes dans mon organisme. Cela ressemble prosaïquement à de simples nuages de points noirs

ou de manière plus imagée aux chiures d'un escadron de mouches sur une nappe blanche (ya de ça hein?)

Cela, combiné aux mesures de radioactivité résiduelle qui subsiste en moi va permettre à JC de déterminer la dose idéale pour le traitement. Dans mon cas, JC me montre un amas assez foncé qu'il désigne par pyramide de l'allouette. Pour ma part, j'ai beau me creuser les méninges et retourner l'image dans tous les sens je n'arrive pas à distinguer ni ce foutu piaf ni cette foutue pyramide. Renseignement pris il s'agirait en fait de la "Pyramide de Lalouette", la partie moyenne qui relie les 2 lobes de ma défunte thyroïde et qui est particulièrement développée chez moi. En revanche aucune trace de ganglions qui auraient fixé de l'iode dans ce cliché et ça c'est plutôt bon signe.
Mais bon, il va falloir lui nettoyer le croupion au karcher à l'alouette et donc j'aurai droit au Menu Maxi Best-of dose XXL spéciale de 100 millicurie d'iode 131.
Par conséquent, risque d'inflammation en vue et donc cocktail anti-inflammatoire/médoc pour protéger l'estomac...

Voila le topo


Premier jour du traitement: le pot d'accueil

Nous sommes le lundi 1er Août 2011, il est précisément 14h32 et JC, le GO du club de vacances Med'cine Nuc du CHU de La Tronche vient de m'offrir le punch d'accueil.
D'après lui, c'est d'la bombe!
Bon, pour la présentation ils repasseront... Pas de coupe en cristal, juste un vulgaire verre à moutarde en plomb, heureusement ils ont quand même pensé à mettre une paille.

Pour la composition, on ne voit pas très bien à travers le verre (le plomb quelle idée quand même!) en tout cas pas beaucoup d'efforts sur la déco:
  • pas de sucre sur le bord du verre
  • pas de petits parasols plantés dans une tranche de citron
  • pas même une paire de glaçons pour le doux bruit du  tintement

Bon, j'ai quand même droit au citron dans une coupelle à côté, à croquer régulièrement soit disant pour stimuler mes glandes salivaires... Soit

Au goût, c'est légèrement salé et pis ... c'est tout: ON EST QUAND MEME TRES LOIN DU  MOJITO!

Par contre, JC me l'a assuré, il m'a mis une dose de 100 mCi et l'effet sera détonant, il faut juste être un peu patient et boire régulièrement de l'eau pour faire diffuser la substance dans tout mon organisme...

On va faire ça et je vous tiens au courant des évolutions.

Auparavant, plus tôt dans la journée j'ai eu droit à mon premier repas, servi dans la chambre s'il vous plaît.
Ils ont là aussi repris le concept no-money qui a fait le succès du Club Med: j'ai un bracelet avec mon nom autour du poignet qui apparemment me donne droit à la bouffe gratuite pendant toute la durée du séjour!
Minute, je vous montre le bijou:
Côté menu, c'est correct: on est pas dans le gastronomique mais pour un all-inclusive on ne peut pas s'attendre à de la cuisine trop raffinée non plus:
  • Salade de haricots verts vinaigrette
  • Filet de poisson estragon
  • Pomme mousseline
  • Fromage frais demi-sel
  • Compote Pomme-cassis
  • Jus de fruit
Visuellement ça donne ça:
Très ton sur ton ... et goût sur goût aussi !

Allez, au prochain post je vous fais la visite guidée du palace!

Troisième rocher: le carcinome

Le lendemain, Chris m'annonce simplement et sans détour le diagnostic: "carcinome papillaire".

Normalement une cytoponction ne permet pas d'être aussi affirmatif mais là apparemment pas de suspense. Elle m'explique longuement et calmement que c'est, de tous les cancers thyroïdiens celui de meilleur pronostic, que l'on dispose de toute une palette de traitements à commencer par la chirurgie, complétée au besoin d'un traitement à base d'iode radioactif.

Elle m'explique enfin que l'on peut très bien vivre sans thyroïde à condition de prendre un traitement de substitution à vie très peu contraignant, un comprimé de lévothyrox tous les matins et un suivi régulier de certains paramètres sanguins permettent de vivre tout à fait normalement.

Toute une somme d'informations, qui me sont devenues très familières aujourd'hui mais qui sur le coup de l'annonce m'avaient un peu embrouillé l'esprit.

Je voudrais profiter de cet instant du récit pour renvoyer tous ceux qui sont en quête d'informations sur les maladies de la thyroïde et tous leur à-côtés vers le fantastique forum de discussion de l'association Vivre sans thyroïde. Une mine d'information et des personnes (spéciale dédicace à Béate la présidente) toujours promptes à vous répondre et vous faire part de leurs expériences.

Dès l'instant que le diagnostic est posé, il n'y a plus de questions à se poser, il faut faire ce qu'il y a à faire et avancer. Chris m'a donc dégoté un chirurgien, Alex avec lequel nous avons fixé une date d'intervention: le 29 avril 2011.

La première fois que j'ai vu Alex et son allure d'étudiant binoclard dégingandé tout droit sorti d'une bande dessinée de Maëster, je me suis dit: waaoo il à l'air jeune! Il sait tenir un bistouri?


Assez loin de l'idée que je me faisais d'un chirurgien grisonnant censé être au sommet de son art à la cinquantaine et à qui je m'apprêtais à confier le soin de me découper la gorge les yeux fermés (forcément avec l'anesthésie...).

Mais dès qu'il a commencé à parler et à expliquer l'intervention avec sa voix grave et rassurante agrémentée de  gestes courts et précis des mains, j'ai dit banco!

Alex m'a donc pratiqué une thyroïdectomie totale le vendredi 29 avril au matin à la Clinique Belledonne.

En fait l'opération se déroule sous anesthésie générale et se réalise en deux temps, le chirurgien enlève le lobe gauche (celui contenant le nodule) et là attend que l'anapath confirme le diagnostic:


c'est vraiment du crabe ou juste du surimi?


le chirurgien poursuit alors l'opération en retirant le lobe droit et en réalisant un "curage ganglionnaire" qui consiste à retirer préventivement  les ganglions lymphatiques du cou pour éviter une dissémination du cancer.

Les complications les plus fréquentes bien que rares de la chirurgie thyroïdienne concernent une altération passagère ou définitive des cordes vocales qui se trouvent à proximité. Dans mon cas, rien de tel: dès le lendemain je gazouillais de nouveau comme un pinson.

J'avais juste hérité d'une seconde mâchoire composée d’agrafes métalliques du plus bel effet au travers de la gorge. Un truc comme ça (désolé je n'ai pas la mienne sous la main).

Retour à la maison dès le dimanche et une petite semaine de convalescence avant de reprendre le boulot.

Trois mois plus tard la cicatrice est presque indécelable (et là c'est vraiment la mienne):


Bien joué Alex doigts de fée !